Suivre un projet
Garder trace de ce qui a été décidé, le relire, le faire viser, l’exporter.
Vous posez quinze questions à votre agent, vous obtenez quinze réponses citées, vous fermez l'onglet. Le lendemain, sur le même projet, tout est à refaire.
Le dossier est ce qui reste. Votre agent y dépose ce qui a été retenu pendant qu'il travaille ; vous le rouvrez sur stratta.ch/dossiers pour le relire, l'annoter, le faire viser et l'exporter.
Ouvrir un dossier
Dites-le simplement à votre agent :
ouvre un dossier pour Villa Morges, toiture
Il le crée, et y déposera ensuite chaque question et chaque décision au fil du travail. Vous pouvez aussi en créer un à la main depuis la page Dossiers si vous préférez commencer par là.
Le nom compte : c'est celui que vous emploierez pour reprendre le projet. Reprenez vos propres mots plutôt qu'un code que vous ne retiendrez pas.
Ce qui s'y écrit
Un dossier suit un projet question par question. Chaque question rassemble des preuves, nomme des options, et se termine par une décision qui garde sa preuve.
Ce qu'il reste à trancher sur le projet. « Le pieu P38 peut-il être conservé malgré le joint de reprise à 25 m ? » Une question se suit, porte une échéance, et se tranche ou se clôt.
Ce sur quoi la question repose. Trois natures : une référence (ce que la norme dit, avec sa section et sa page), une hypothèse (la valeur que vous retenez, et le raisonnement derrière), une observation (ce qu'un sondage, une visite ou un essai a montré).
Les manières de trancher, nommées avant de choisir : abandonner le pieu, reprendre le bétonnage, redistribuer sur P37 et P39.
L'option retenue, la valeur, et l'article sur lequel ça repose. C'est le bloc le plus visible de la question : ce qu'un relecteur vient lire.
Chaque valeur porte une fiabilité : établie, jugement, ou à confirmer. Un tassement calculé et un angle de frottement choisi entre trois sondages ne se relisent pas de la même façon.
À quoi ressemble un dossier
Une question, telle qu'elle se remplit au fil d'une vraie mission. Un immeuble de quatre niveaux sur remblai, sondages hétérogènes.
Question : quel angle de frottement retenir pour le remblai côté nord ?
| Preuve | Entrée | Valeur | Fiabilité |
|---|---|---|---|
| Référence | Approche de calcul et facteurs partiels, SIA 267 § 6.3, p. 28 | - | - |
| Hypothèse | Angle de frottement du remblai. S2 donne 32°, S4 donne 28° ; valeur basse retenue vu la variabilité latérale et l'absence de sondage au droit de l'angle nord. | 30° | Jugement |
| Observation | Venue d'eau en pied de talus lors de la visite du 12.03, absente des trois sondages. | - | - |
Options : 32° (S2), 28° (S4), 30° (valeur basse pondérée). Décision : 30°, retenue le 14.03, sur SIA 267 § 6.3.
Ce que le dossier rend possible ici : le lecteur voit pourquoi 30° et non 32°, et où la valeur repose. Deux mois plus tard, l'essai complémentaire arrive : on ajoute la preuve, la fiabilité passe à « Établie », la décision reste tracée.
Un dossier repris six mois plus tard par un confrère se lit dans l'autre sens : ce qui compte n'est pas ce qui a été décidé, c'est ce qui ne l'a pas été. Les questions « À trancher » ouvrent la liste, la barre en tête du dossier dit combien il en reste, et chaque valeur « À confirmer » est marquée comme telle.
Rien de tout cela ne se remplit à la main. Votre agent ouvre la question, dépose chaque preuve au moment où elle est lue, avec l'article qui la justifie, et enregistre la décision une fois que vous l'avez confirmée. Vous relisez, vous corrigez, vous visez.
Lire le dossier
La page d'un dossier a quatre onglets.
- Questions, la vue de travail. À gauche, les questions groupées À trancher, Tranchées, Closes, avec sous chacune ce qui l'étaie ou la décision prise. À droite, la question choisie, dans l'ordre de lecture : son état, son enjeu, qui la suit et pour quand, la décision ou le bouton Trancher, les options, les preuves, les remarques. Les flèches ↑ ↓ passent de l'une à l'autre. Au-delà de huit questions, une recherche apparaît.
- Matrice : les articles que le dossier cite, contre les questions qu'ils servent. Une ligne vide est un article cité pour rien ; une colonne vide, une question que rien n'étaie. La vue à ouvrir le jour où une norme change d'édition.
- Fil : ce qui s'est passé, jour par jour, agent et application confondus. Ce qu'un relecteur lit avant de viser.
- Pièces : les documents du projet, voir plus bas.
Les preuves que l'agent a déposées sans question sont repliées sous la liste, dans À classer ; le menu d'une preuve la rattache à une question en un clic.
Lire le texte de la norme
Cliquez le titre d'une preuve qui cite un article : la section se déplie depuis votre corpus, sans quitter le dossier. Le texte, avec ses symboles et ses formules typographiées comme dans la norme, ses formules numérotées, ses tableaux.
Tout ce que vous allez réutiliser se copie d'un clic : la valeur retenue, la citation (« SIA 267 § 6.3, p. 28 »), le LaTeX d'une formule, chaque cellule d'un tableau. L'icône de copie apparaît sous le pointeur, et reste visible sur téléphone.
C'est ce qui distingue une réponse vérifiable d'une réponse crue. Ouvrir un PDF et chercher la page 42 prend trois secondes que personne ne prend ; le texte à côté de la citation, si.
Joindre les pièces du projet
Un dossier porte aussi les documents propres au projet : le rapport de site, le relevé de
forage, le procès-verbal de séance, la fiche d'un fournisseur. Ouvrez l'onglet Pièces et
ajoutez-les (PDF, Word, Excel, images, texte ; 25 Mo par fichier, 20 par dossier). Stratta en
extrait le texte page par page, et l'agent le lit avec read_attachment, le cherche avec
search_in_dossier et cite une page comme une clause : « PV du 14.08.2026, p. 3 ». Un PDF
scanné sans couche de texte est signalé : passez-le d'abord à l'OCR.
Depuis le serveur local, un agent peut aussi téléverser un fichier que vous nommez avec
add_attachment.
Reprendre un projet
C'est là que le dossier change vraiment quelque chose :
reprends le dossier Villa Morges
Votre agent recharge les questions avec leurs preuves, leurs options et leur décision, et surtout ce qui reste ouvert. Il repart de ce qui a été décidé au lieu de le redécider.
Faire relire
Le contrôle par un second ingénieur est une exigence qualité, et c'est la seule partie du travail qu'un agent ne peut pas faire.
- Passez le dossier En revue depuis le sélecteur de statut, en haut de page.
- Votre collègue laisse une remarque sur une preuve précise, sur une question, ou sur le dossier depuis l'onglet Fil.
- Une fois d'accord, passez-le Visé. La date et le nom restent attachés.
Un dossier visé n'accepte plus de modification de question ni de preuve. Les remarques, elles, restent ouvertes.
Partager en lecture
Un relecteur externe, l'ingénieur du client, un assureur : des gens qui doivent lire ce qui a été décidé et sur quoi ça repose, sans avoir de compte.
- Dans le menu ⋯ du dossier, choisissez Lien de lecture.
- Indiquez pour qui, et une durée : 7, 30 ou 90 jours.
- Copiez le lien tout de suite : il n'est affiché qu'une fois.
La page montre les questions, leurs options, les preuves avec leur citation et les décisions. Elle ne montre ni les remarques, ni les pièces, ni les exports, et n'offre rien à modifier. Le lien se révoque depuis le même dialogue ; un lien expiré, révoqué ou inventé répond la même chose : « lien invalide ».
Le résumé du lundi
Chaque lundi matin, un e-mail par personne : les questions ouvertes qui vous sont assignées ou qui vivent dans un dossier que vous avez ouvert, les décisions prises dans la semaine, et les éditions de normes qui ont changé sur une clause citée par un dossier en cours. Rien n'est envoyé quand il n'y a rien à dire. Il se désactive dans Paramètres, onglet Profil.
Exporter
Dans le menu ⋯ du dossier, Exporter en Markdown produit un fichier structuré par question : l'enjeu, les options, les preuves avec leurs citations, la décision, les remarques ; les questions à trancher d'abord.
Il se colle dans Word en gardant sa structure, et constitue la trace de quel article a justifié quelle valeur, à quelle date : ce qu'on présente à une assurance responsabilité civile ou à un confrère qui reprend le dossier.
Des gabarits par type d'ouvrage
Un mur de soutènement, une fondation sur pieux, un talus : les questions sont les mêmes d'un
projet à l'autre, et les clauses aussi. Enregistrez un dossier qui s'est bien passé comme
gabarit (son menu ⋯, Enregistrer comme gabarit : questions, options et clauses citées,
sans les valeurs), ou écrivez-en un en bas de la page Organisation, une question par ligne et une
clause après une barre verticale. Un nouveau dossier peut partir d'un gabarit : ses questions
s'ouvrent avec les clauses qui se résolvent dans votre corpus déposées en références, et celles
que votre corpus n'a pas écrites comme à établir. Un agent fait de même avec list_templates
et apply_template.
La note de vérification
Dans le même menu ⋯, Note de vérification rend le dossier en PDF pour un relecteur : une section par question (contexte, exigence, preuves, décision, ce qui reste ouvert), chaque paragraphe terminé par l'identifiant de l'entrée qui le fonde, chaque manque écrit comme un manque, et une annexe qui cite les clauses. Le pied de page porte le SHA-256 du fichier et l'heure à laquelle une autorité d'horodatage publique (RFC 3161) a vu ce hash ; le jeton est conservé pour une vérification hors ligne. Horodaté n'est pas signé : la note est à valider et signer par l'ingénieur responsable. Les notes générées sont listées dans l'onglet Fil avec leur hash.
Un agent peut rédiger la même note dans la conversation avec le skill verification-note du
serveur local ; les deux doivent se recouper ligne à ligne.
Ce que Stratta ne fait pas
Le dossier documente votre raisonnement, il ne le remplace pas. Stratta ne conclut jamais à la conformité d'un ouvrage, et votre agent n'a pas à écrire une hypothèse que vous n'avez pas validée.